Toxorhynchites amboinensis

Un moustique à préserver !

De nombreuses personnes apportent à l’Institut Louis Malardé, pour analyse, des spécimens d'un impressionnant moustique géant : le moustique papillon ou Toxorhynchites amboinensis.
Depuis les années 70, et notamment en 1975, ce moustique a été introduit en Polynésie française pour contribuer à la lutte anti-vectorielle de manière biologique.

Morphologie
Ce moustique de grande taille (8 à 15 mm), aux couleurs souvent métalliques, est caractérisé par sa longue trompe (proboscis) recourbée vers le bas et par le bord postérieur de l'aile échancré près de la nervure cubitale. Sa trompe ne lui permet pas de piquer mais de boire du nectar. Le moustique papillon est, par ailleurs, caractérisé par la présence de touffes de soies le long des derniers segments abdominaux. La couleur de ces soies est un des caractères pour reconnaitre l'espèce.
La taille des antennes, tant chez le mâle que chez la femelle, est d'environ la moitié de la taille de la trompe.
Le moustique papillon ne pique pas l’homme et se nourrit à l’état adulte de nectar de fleurs et de fruits mûrs offrant des sécrétions sucrées.

Alimentation au stade larvaire (aquatique)
Chaque larve dévore en moyenne 10 à 20 larves de moustiques par jour. Durant la totalité de son développement, un Toxorhynchites peut consommer l’équivalent de 5000 larves de premier stade (L1) ou 300 larves de stade 4 (L4) (Steffan & Evenhuis, 1981; Focks, 1982).

Développement
La durée du développement larvaire peut varier de 10 à 90 jours selon l’espèce. La durée du développement nymphal dure de 3 à 12 jours.

Répartition géographique dans le Pacifique
Les Toxorhynchites ont été introduits et se sont installés dans la plupart des régions tropicales puis dans les îles du Pacifique à commencer par Hawaii avec 2 espèces : Toxorynchites brevipalpis et Toxorynchites amboinensis.
Ils ont également été introduits aux îles Samoa et Fidji avant d’arriver à Tahiti en 1975 afin de contribuer à la diminution des populations d’Aedes polynesiensis, vecteur primaire de la filariose, et Aedes aegypti, vecteur de la dengue.
T. amboinensis a été élevé en production de masse au laboratoire d’entomologie de l’Institut Louis Malardé et plus de 500.000 adultes ont été lâchés sur une période de 2 ans sur l’ile de Tahiti. L'espèce s’est bien adaptée aux biotopes des îles hautes de Polynésie française.
Malgré son établissement dans une grande partie des îles polynésiennes, ce moustique ne peut à lui seul diminuer drastiquement les populations d’Aedes spp, du fait de la diversité de leurs gîtes et de sa faible fécondité.

Toxorynchites amboinensis est un agent de lutte biologique qui assure sa survie au détriment des moustiques vecteurs. Attention donc à ne pas le tuer !

Toxorynchites amboinensis : un moustique utile, inoffensif pour l'homme (comparer sa taille avec Aedes aegypti à droite)

Chaque larve dévore en moyenne 10 à 20 larves d'autres moustiques par jour

Dans les années 70, le moustique papillon est introduit en Polynésie française pour lutter contre la prolifération des moustiques Aedes, vecteurs de la dengue et la filariose, dont il se nourrit