Les programmes de développement du LSN

Reproduction de la nacre : Evaluation des besoins en acides gras et stérols au cours de l’ovogenèse chez la nacre Pinctada margaritifera

L'objectif a été d'étudier les profils lipidiques de la gonade de l'huître perlière durant l’ovogénèse ainsi que dans la fraction particulaire présente dans le lagon. Les fractions qui nous ont intéressés étaient les acides gras et les stérols. L'ovogénèse est déterminée histologiquement. Les résultats obtenus devraient permettre de qualifier les besoins nutritionels en acides gras durant l'ovogénèse. Cette étude a été complétée par la détermination de la composition algale de conditionnement, nécessaire à la reproduction contrôlée des huîtres perlières en écloserie.

Les animaux étaient tous originaires du milieu naturel. 7 souches d'algues, cultivées au Centre océanologique du Pacifique ont été caractérisées en acide gras et stérol afin d'élaborer un régime alimentaire en fonction des besoins essentiels de la gonade, quantifiés préalablement. Les résultats ont permis de déterminer l’impact de l’alimentation des bivalves sur la composition en acides gras et stérols des différents tissus et particulièrement de la gonade. Ceci semble important dans la mesure où il est désormais connu que la survie larvaire pendant les premiers jours dépend essentiellement des réserves qui ont été constituées dans les ovocytes pendant la maturation gonadique. Une approche descriptive a fourni la composition proximale des différents organes de l’huîtres perlière ainsi que la composition lipidique de ces tissus en terme d’acides gras neutres et polaires. Quinze stérols ont été identifiés dans les différents tissus et leur distribution s'est revélée équivalente dans chacun de ces tissus.

Cette étude a ainsi permis de décrire les besoins en lipides essentiels de l’huître perlière Pinctada margaritifera pendant la gamétogenèse des femelles en milieu naturel. Ce travail a été complété par l’analyse en acides gras et en stérols de la matière particulaire en suspension dans le lagon que les huîtres perlières ingèrent. L’analyse des algues cultivées en laboratoire a permis de déterminer un régime algale propre à satisfaire les besoins des femelles conditionnées pour la reproduction en laboratoire.

En collaboration avec...

  • G. LE MOULLAC et J. TIAPARI - IFREMER, Laboratoire d'aquaculture tropicale, Centre océanologique du Pacifique (www.ifremer.fr/cop)
  • JR. LE COZ - IFREMER, Laboratoire de physiologie des invertébrés
  • JP. BIANCHINI et F. LAURE - Université de Polynésie française, Laboratoire de chimie appliquée (www.upf.pf)
  • M. BELLAIS - Service de la perliculture
 

Valorisation de la pêche thonière en Polynésie française : teneur en oméga-3 de la graisse orbitale

Ce programme financé et mené avec le Service de la pêche, en collaboration avec l’Ifremer, a bénéficié d’un co-financement du Ministère de l’Outre-Mer.

La pêche thonière représentait en 2005, année creuse, quelque 5000 tonnes de poissons débarquées, mais avec une capacité de production estimée à 10 000 tonnes en 2010.

Les trois espèces ciblées par cette pêche sont le germon (Thunnus alalunga) avec 60% des captures, le thon à nageoires jaunes (Thunnus albacares) avec 10% des captures et le thon obèse (Thunnus obesus) avec 7% des captures.

Le poisson découpé en filet génère 45% de déchets, soit de 800 à 1500 tonnes/an à terre, et de 1500 à 3000 tonnes en mer, pour un coût de 8 Fcfp/kg (0,07 €/kg) totalement pris en charge par les mareyeurs. Certains de ces déchets pourraient cependant être valorisés. En 2003, le Service de la pêche a lancé une étude pour la valorisation de ces déchets. Le but recherché était d'aboutir à un coût nul. La solution retenue fut celle apportant la plus grande valeur ajoutée : la valorisation des oméga-3 issus de la graisse orbitale de thons pêchés par la flotille polynésienne. L’objectif du LSN était ainsi de qualifier et quantifier ces oméga-3.

Ces acides gras ne sont pas synthétisés par l'homme et doivent être apportés par le régime alimentaire. La consommation de poisson, et plus particulièrement des oméga 3 qu’il contient, est actuellement reconnue comme d’un intérêt majeur en ce qui concerne la prévention des maladies cardiovasculaires.

La fabrication industrielle d’oméga 3 à partir d’œil de thon, en Polynésie française, par l’utilisation de technologies « propres » d’extraction de ces acides gras d’intérêt biologique, permettrait donc tout en valorisant un produit aujourd’hui gaspillé de participer au traitement des déchets de la pêche, d’abaisser cette charge pour les mareyeurs et de créer une activité génératrice d’emplois.

L'étude qui a été menée a permis la quantification des 13 acides gras majeurs contenus dans la graisse orbitale de thons. Ces acides gras représentent 80% des lipides totaux. Cependant il reste encore un certain nombre d'acides gras non identifiés qu'il serait utile d'étudier ultérieurement.

Les oméga 3 ont une concentration constante quelle que soit l'espèce étudiée (aux alentours de 330 mg/g de lipides). Ce taux est très élevé en regard d'autres poissons. Il est tout à fait envisageable d'utiliser le thon entier et non la graisse orbitale comme source d'oméga 3.

 

 

La pêche thonière génère des déchets
qui pourraient être valorisés.

En collaboration avec...

  • E. BOVY - Service de la pêche de Polynésie française (www.peche.pf)
  • G. CUZON et P. LYONNARD - IFREMER, Laboratoire d'aquaculture tropicale, Centre océanologique du Pacifique (www.ifremer.fr/cop)