Les programmes du LEM

Contrôle du moustique Aedes polynesiensis par lâchers de mâles stérilisants sur le motu Onetahi à Tetiaroa (AeLIMIN+ Tetiaroa)

Cette opération, fruit d’un partenariat exemplaire entre l’ILM, l’hôtel « The Brando ») et l’ONG Tetiaroa Society, a été menée avec beaucoup de succès sur l’un des douze motu (îlots) de l’atoll de Tetiaroa. La technique employée, dite technique de l’insecte incompatible, exploite les propriétés naturelles de Wolbachia, une bactérie symbiotique présente dans un grand nombre d’espèces d’insectes comme les libellules, les abeilles mais aussi plusieurs espèces de moustiques dont le moustique tigre polynésien, Aedes polynesiensis, cible de l’opération. Le procédé mis au point par l’ILM en partenariat avec le Dr SINKINS (Royaume-Uni) repose sur la production en grand nombre et le lâcher régulier, dans la zone à traiter, de moustiques mâles porteurs d’une souche Wolbachia incompatible avec celle contenue dans la population cible. L’accouplement d’une femelle sauvage avec un mâle incompatible la rend stérile à vie. Contrairement aux femelles, les moustiques mâles ne piquent pas. Ils ne sont donc pas source de nuisance et ne transmettent pas de maladies. Incapable de se renouveler, la population de moustiques finit par s’effondrer. Contrairement aux insecticides dont le spectre d’action est très large, cette approche biologique est spécifique de l’espèce ciblée et donc sans risque pour l’homme et pour l’environnement. Financée conjointement par le gouvernement polynésien et l’Etat français au titre du contrat de projets, cette étude a conduit à la quasi élimination du moustique tigre polynésien en à peine quelques mois. Ce procédé applicable à d’autres espèces de moustiques comme l’Aedes aegypti, principal vecteur du Zika, de la dengue et du chikungunya à travers le monde, peut devenir un élément essentiel dans l’arsenal de prévention contre les moustiques et les maladies qu’ils transmettent.

Cordonnateur : Dr Bossin

Collaborations :

  • Hôtel "The Brando"
  • Groupe Pacific Beachcomber (PBSC)
  • Tetiaroa Society
  • Université de la Polynésie française

Lutte anti-vectorielle en Polynésie française. Caractérisation des résistances aux insecticides et développement d’un nouvel outil immuno-épidémiologique de mesure du contact homme-vecteur - RESIDES (2012-2015)

Ce programme a consisté, d’une part, à mesurer la résistance des moustiques Aedes (Ae. aegypti, Ae. polynesiensis) aux insecticides communément employés par les autorités sanitaires en cas d’épidémie et, d’autre part, à caractériser les bases biochimiques et moléculaires de ces résistances. Le second volet de ce programme a permis de développer un test immunologique de mesure de l’exposition des populations aux piqures d’Aedes. Les travaux réalisés ont confirmé tout l’intérêt que représente ce test. Les résultats de ces travaux ont été communiqués auprès des autorités en charge de la lutte anti-vectorielle et feront l’objet de deux publications dans des revues scientifiques.

Coordinateur : Dr Bossin

Ingénieur de recherche : J. Marie

Collaborations :

  • Institut de recherche pour le développement de Nouvelle-Calédonie
  • Liverpool school of tropical medicine

AeDENPAC (2012-2015)

Les activités de ce projet porté par l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie étaient centrées sur le moustique Ae. aegypti, principal vecteur de la dengue, du Zika et du chikungunya dans le Pacifique. L’équipe du LEM a coordonné l’échantillonnage de spécimens d’Ae. aegypti à Tahiti, aux Marquises et aux Australes. Le niveau de résistance aux insecticides des populations échantillonnées a été mesuré et la génétique des différentes populations collectées à travers le Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Tonga) ainsi que leur compétence vectorielle ont été analysées.

Coordonnateur : Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC)

Chercheur en charge du projet : Dr Bossin

Collaborations :

  • Institut de recherche pour le développement de Nouvelle-Calédonie (IRD NC)
  • Secrétariat du Pacifique
  • Université Otago (Nouvelle-Zélande)
  • Ministères de la santé (Fiji et Tonga)