Présentation du LPM

Créé en 1983, et dénommé laboratoire d’immunologie jusqu’en 2002, le Laboratoire étudie principalement la filariose de Bancroft. Cependant, des programmes sur les mycobactérioses (lèpre et tuberculose) se consacrant principalement à des études sérologiques et des essais de polychimiothérapie, ont été menés de 1986 à 1990. Aujourd’hui, une ré-orientation des activités vers des recherches sur les endobactéries est à l’etude.

Sur la filariose lymphatique, deux axes de recherche ont été explorés :

Le développement et l'évaluation de différents outils :

  • Pour l’amélioration du diagnostic biologique :

La mesure de la microfilarémie à partir d’un millilitre de sang veineux du patient représente la technique de référence car c’est la seule technique parasitologique standardisée.

Pour rechercher les infections asymptomatiques et apprécier le niveau d’infestation du patient, la détection d’antigènes circulants du ver adulte (mesure de l’antigènémie) est plus adaptée. Deux tests mis sur le marché respectivement en 1992 et 1997 ont été évalués et calibrés pour la détection de la filariose de Bancroft : un test quantitatif de laboratoire par ELISA et un test qualitatif de terrain par immunochromatographie sur carte.

  • Et la surveillance de l’endémie :

Un test de détection des anticorps IgG anti-filaire par ELISA a été mis au point. Une réponse positive démontre que l’individu a été exposé à des piqûres de moustique infectantes.

La recherche de l’ADN parasitaire dans de petits lots de moustiques par amplification génomique constitue un outil de biologie moléculaire d’un grand intérêt pour l’évaluation de la situation au cours des actions de Santé publique. Cette technique sensible et spécifique permet la détermination du taux d’infection (pourcentage de moustiques parasités, quel que soit le stade larvaire du parasite), indicateur de la circulation du parasite.

L’etude de la pathogenèse de la maladie

Les mécanismes physiopathologiques à l’origine des différentes formes cliniques sont encore mal connus. En l’absence de modèle animal de référence, une étude de l’expression de la maladie en rapport avec différents marqueurs biologiques circulants, dans le sérum ou dans l’urine, et différents marqueurs tissulaires pouvant caractériser la gravité de la pathologie a été menée de 1998 à 2000.

Les orientations actuelles

Toutes les actions ou programmes en cours sont en phase avec les préoccupations de santé publique de la Polynésie française, d’une part, et la nécessité de recherches en amont dans le domaine de l’infectiologie, d’autre part :

  • Participation aux enquêtes épidémiologiques de la Direction de la Santé sur l’endémie filarienne – En 2008 : contribution à l’évaluation de la prévalence globale de l’endémie filarienne dans le cadre du programme d’élimination de la filariose lymphatique en Polynésie française

  • Participation à une étude multicentrique internationale pour la validation d’outils de surveillance dans le cadre du programme mondial d’élimination de la filariose lymphatique

  • Développement et validation d’outils de diagnostic et de surveillance de la filariose lymphatique de Bancroft (populations humaines et moustiques vecteurs)

  • Contribution à l’élaboration de stratégies de lutte vectorielle innovantes en entomologie médicale

  • Recherche sur l’endocytobiose : bactéries endocellulaires et infectiologie humaine

    Les scientifiques étudient les interactions
    entre le parasite, l'homme et le vecteur
    Broyage des moustiques pour la détection
    des parasites chez le vecteur